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POURQUOI AIME-T-ON DEFTONES ?
Une séance de lèche pseudo-analytique par un fan soumis.

 

C’est une vaste question que celle que l’on a entrepris de soulever ici et l’on sera bien en peine d’y répondre de manière exhaustive. C’est évident, il y a autant de raisons d’aimer deftones qu’il y a d’amateurs et l’on abandonnera toute prétention à l’universalité quant aux opinions qui vont être évoquées ici. Malgré tout, l’on aura pu constater, au fil de discussions et de lectures, que deftones est évocateur d’un certain nombre de qualités pour beaucoup de ses fans. C’est dans ces qualités, toutes plus ou moins ressenties par qui connaît un peu le groupe, que l’on cherchera une éventuelle réponse à la question posée. Si je fais trop « dissertation de philosophie de terminale », vous me le dites, car il s’agit de ne pas être chiant, c’est de deftones qu’il s’agit !

 

Part. 1 | come fall in love with the sound

S’il est une chose sur laquelle les fans de deftones s’accordent, c’est sur l’amour qu’ils portent à la musique du groupe. Oui, je sais, avec des scoops pareils je ne devrais pas tarder à grimper les échelons du sublime pour –extase !- présenter le 20 heures aux côtés de David Pujadas. Mais la banale remarque précédente devait en introduire une autre, plus apte à répondre à la question posée : si cette musique séduit autant mais surtout passionne, c’est probablement parce que plus que nombre d’autres elle est toujours un vecteur d’émotion, un vecteur sincère.

Qu’il s’agisse du premier opus Adrenaline ou de l’étonnant White Pony, le groupe parvient toujours à retranscrire avec sincérité son message. Foin ici du bourrinage sans fondement qui n’est que trop la marque des groupes qui sont heavy parce qu’il faut l’être. deftones ne s’énerve pas en vain et surtout, deftones sait se calmer avec superbe. Il faut sans nul doute y voir le résultat de la fusion de quatre approches de la musique, qui se confrontent (s’affrontent même parfois !) pour aboutir à la rencontre improbable du metal prôné par le guitariste Stephen Carpenter, d’une voix à la chaleur peu commune et d’une section rythmique partagée entre des lignes de basse souvent simples et directes et un jeu de batterie loin des stéréotypes métal mais pourtant toujours facile à aborder. C’est dans cette association –virulence des guitares et intensité vocale- que deftones séduit d’abord. On s’étonne de voir à quel point Chino sait s’adapter aux circonstances pour finalement s’en rendre maître : jonglant sans peine entre une agressivité sans demi-mesure (voyez 7 words, My Own Summer (shove it), Elite et When Girls Telephone Boys !) et, bien souvent dans le même morceau, une sensibilité à fleur de peau, la voix du frontman marque les esprits. Pourtant, il ne faut pas s’en cacher, elle n’est pas exempte de défauts : on est loin des impeccables performances vocales d’un Matthew Bellamy. Mais Chino, plutôt que des cours de chant, met en avant une personnalité unique, une authenticité que l’on ne trouve que rarement.

Passés les premiers temps où l’on aura aimé deftones pour ses riffs et son leader, l’on pourra se plonger plus avant dans la complexité du groupe. Car si deftones fait des merveilles de simplicité (incroyable Be Quiet And Drive, titre techniquement presque enfantin et pourtant chargé de richesses que foule de groupes qui passent leur temps à branler les manches de leurs guitares sur fond de double pédale forcenée pourrait envier), il y a aussi chez eux une certaine profondeur, pour laquelle on hésitera pas à réserver des moments privilégiés. Indubitablement, des albums tels que White Pony ou l’éponyme ne peuvent s’écouter uniquement d’une oreille distraite. Les ambiances mises en oeuvre mais surtout la richesse du son de ces albums appellent à une immersion qui dépasse le caractère immédiat de titres tels que ceux d’Adrenaline ou le très écorché Head Up sur Around The Fur (pour ne citer que lui). deftones est certes un groupe accessible, ce n’est pas pour autant un groupe simpliste.

Etudiant la musique du groupe, il ne faudra pas négliger d’évoquer la production, à chaque fois assurée par Terry Date, dont le travail est éminemment remarquable à partir d’Around The Fur (Adrenaline est doté d’une production bien plus brute que ses successeurs, ce que l’on pourra peut-être regretter au vu des susnommés successeurs). Précise, la production de Terry Date rend avec un égal bonheur chaque instrument. Qu’il s’agisse de brutalité ou de mélodies bardées d’effets, les guitares sont toujours à l’avenant (et ce en dépit des évolutions du groupe sur chacun de ses albums : Terry Date leur a toujours rendu justice). Le chant est lui sublimé, alors que la section rythmique est tout bonnement exceptionnelle, avec un son de batterie superbe, ne laissant au hasard ni l’impact de la grosse caisse ni les subtilités prenant place du côté des cymbales. Quant à la basse, il suffit d’écouter un titre comme Change (in the house of flies) pour se convaincre qu’elle n’est pas en reste. Habitué depuis dix ans au travail de Terry Date, le groupe a pourtant décidé pour son dernier opus encore en préparation de s’adjoindre les services de Bob Ezrin, producteur mythique du The Wall des Pink Floyds. Cette petite révolution devrait permettre au groupe de rebondir une fois de plus, après tant d’année passées à se réinventer.

 

Part. 2 | I’ve watched you change...

Contemplant la discographie de deftones (qui n’est pourtant guère fournie pour un groupe de cet âge), on ne saurait passer à côté de l’évidence suivante : quoique l’on puisse reprocher au groupe, on ne leur fera jamais grief d’avoir commis deux fois le même album. Mieux, on peut affirmer que le groupe s’est forcé à l’évolution tout au long de sa carrière.

En la matière, le plus fameux coup de poker de deftones est évidemment White Pony. Arrivé en pleine vague néo, alors que KoRn et Limp Bizkit –les vieux potes- engrangeaient le succès avec Issues pour les premiers et Chocolate Starfish and the Hot-Dog Flavored Water pour les seconds (album sorti quelques mois après White Pony), le poney deftonien prit magnifiquement à revers les attentes. On attendait de deftones de l’agressivité, des tubes comme My Own Summer (shove it), il n’en fut rien. C’est un album d’ambiances, bercé par une mélancolie tout à fait étrangère au genre qu’ont offert les deftones. Rupture dans l’évolution attendue du groupe et rupture dans l’époque, White Pony est le signe incontestable que deftones sait surprendre.

Pourtant, dès Around The Fur en 1997, on pouvait noter la propension chez eux à prendre de nouvelles directions. Si l’on retrouvait la rage passée sur des titres tels que Head Up, Around The Fur ou Rickets, d’autres présageaient un tournant plus mélodique (Dai The Flu et Be Quiet And Drive (far away) en tête). Mais même dans la violence, on pouvait noter dans les riffs de Stephen (surtout sur celui –mythique !- de My Own Summer (shove it)) un côté sinueux et très légèrement malsain qui évoque un peu Meshuggah, peut-être plus Will Haven ; direction qui se trouvera plus marquée dans le son de l’éponyme et totalement confirmée sur ce morceau inédit joué le 30 septembre 2004 à Anaheim (en écoute dans le radioblog).

Mais avant de parler d’avenir, revenons sur l’éponyme sorti en 2003 (la chronologie est un peu maltraitée dans ce chapitre, vous m’en excuserez). C’est là probablement l’album le plus difficile, pour deftones mais aussi pour les fans. Après le chef d’oeuvre White Pony, la direction à prendre n’était pas évidente, d’autant plus que Stephen n’était que très peu enclin à renoncer à un retour à une violence plus prononcée, violence à laquelle il avait renoncé à reculons sur White Pony. Les fans, eux, étaient partagés entre amoureux de White Pony et nostalgiques de la virulence première. On nous annonça ce nouvel opus comme bien plus « heavy » que le précédent et l’on se croyait confirmé par tous ces nouveaux attributs métal dont se parait le groupe à l’époque : guitares à 7 cordes, basse à 5 cordes, double pédale. Certes, cet éponyme fut plus violent, plus rageur que White Pony. Mais ce ne fut pas au prix d’un retour en arrière, puisque le son du groupe a largement évolué, retenant un peu de White Pony mais surtout accordant un rôle de plus en plus prépondérant à Frank Delgado qui dessine des ambiances, se glissant dans le couplet massif de Hexagram ou sur Minerva, dans des interventions discrètes mais pourtant cruciales.

A l’aube de la sortie d’un nouvel album, l’on se demande encore une fois comme deftones va bien pouvoir évoluer après tant de rebondissements. Néanmoins, on doute assez peu que le groupe restera fidèle à ses convictions d’indépendance artistique et choisira une direction qui lui est propre, comme il l’a fait jusqu’à présent.

 

Part. 3 | should I ignore the fashion or go buy the book ?

Tout aussi vendeurs et assimilés par beaucoup à la vague néo-métal qu’ils soient, les deftones n’en restent pas moins respectés bien au-delà du milieu auquel on les associe. C’est que, contrairement à KoRn et à Limp Bizkit, qui ont pourtant commencé sous les mêmes auspices, deftones n’a jamais vraiment abusé du système. Bien sûr, ils ne sont pas DIY, bien sûr, ils passent sur MTV et il leur est même arrivé de réaliser un morceau purement dans cette optique (Back To School). Mais deftones est tout de même bien loin de la rock-starisation dont leurs confrères ont été les victimes (consentantes ?). Les deftones tentent toujours de véhiculer une certaine humilité, se gardant bien des frasques à la Fred Durst ou des excès marketing du néo-métal. Il faut bien sûr ajouter à cette humilité et cette présence médiatique bien dosée les qualités musicales du groupe évoquées plus haut, dont l’évolution ne donne jamais à penser que tel album a été fait dans un souci de fédérer plus d’auditeurs.

De plus, dès le début deftones a pris soin de ne s’associer à aucune scène particulière, refusant une trop grande collusion avec KoRn, notamment. On sait à quel point ils avaient raison et l’éclectisme des line-up des tournées successives du groupe démontre à quel point les deftones peuvent se faufiler entre les styles. On les a ainsi vu en compagnie des très mainstream Linkin Park en 2001, alors qu’en 1998 ils avaient sillonné l’amérique en compagnie de Quicksand et Snapcase, deux belles émanations de la scène hardcore. Plus récemment, c’est avec Dredg, les coreux de Poison The Well ou les emos de Thursday qu’ils ont partagé la route.

Sans sombrer dans l’extrémisme « vertueux » de certaines scènes, deftones a su conserver toute latitude pour faire une musique honnête, qui se refuse à prendre l’auditeur pour une vache à lait. Ce succès tranquille dont ils jouissent n’inspire non du ressentiment comme c’est bien souvent le cas, mais plutôt la sensation qu’ils ont ce qu’ils méritent, ni plus ni moins. On a toujours avec deftones la sensation diffuse qu’ils respectent leur public, ayant compris que le respect ne passe pas par un formatage continuel afin de conserver voir d’élargir sa part de marché mais qu’au contraire oser être soi-même en est la plus grande marque.

par ceRf.

 

 

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